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  • Photo du rédacteurRwano Breizh

Bilan d'une Saison Buli 3/5 - Les Flops



Mes Flops de la saison


Je n’ai pas aimé cette pratique répétée qui consiste à virer le seul entraîneur alors que plus d’une direction inconséquente aurait aussi dû prendre la porte de sortie.


De même, je n’ai pas aimé la lente agonie d’une Vieille Dame qui nous privera la saison prochaine du derby berlinois, ni le sketch de la gestion bavaroise (et à vrai dire, c’est uniquement par respect pour les supporters munichois que cette séquence ne figure pas dans les tops tant ce numéro de haut vol confine au grand art) et encore moins l’imposteur assis sur le banc de Poulains qui ne méritaient pas un pseudo guide aussi peu concerné alors qu’il était de notoriété publique que le club vivrait une saison charnière pour son proche avenir.


Sans parler d’un grand blond hollandais à la tête de con. Et on finira par Modeste qui a oublié de s’armer de son masque de sauveur au plus grand désespoir d’un Mur Jaune meurtri.


1/ la valse des coachs


Au début de la présente saison de Bundesliga, sept nouveaux coachs prenaient de nouvelles responsabilités sur le banc de leurs nouveaux clubs : Breitenreiter (Hoffenheim), Farke (Mönchengladbach), Kovac (Wolfsbourg), Kramer (Schalke), Maaßen (Augsbourg), Schwarz (Hertha) et Terzic (Dortmund).


Avec des fortunes très diverses, puisque de ces sept aventuriers, quatre ont fini la saison encore en poste dont un a vu la fin de sa collaboration prononcée une semaine après la fin de saison (Farke à Mönchengladbach).


Sur la saison entière, 27 entraîneurs principaux ont officié sur un banc de Bundesliga. Matarrazo (Stuttgart puis Hoffenheim) et Reis (Bochum puis Schalke) réussissant l’exploit de coacher dans la même saison deux équipes différentes. Ces deux entraîneurs sont aujourd’hui toujours en poste.


Huit clubs ont procédé à des changements d’entraîneurs en cours de saison. La palme revenant au VfB Stuttgart qui a consommé la bagatelle de quatre entraîneurs sur cette seule saison (chronologiquement, Matarrazo, Wimmer, Labaddia puis Hoeneß). Pour finir par se sauver par la petite lucarne des barrages. Et surtout après que son board ait torpillé dans les grandes largeurs le projet sportif pourtant cohérent et séduisant dans lequel le club semblait s’engager encore en début de saison.


Ces changements ont concerné aussi bien des clubs du très haut de tableau (Bayern champion, Leipzig troisième) que les clubs relégués (Hertha et Schalke). Un phénomène qui potentiellement touche tous les clubs.


A l’image de la trajectoire atypique et peu ordinaire de l’Autrichien Oliver Glasner à la tête de l’Eintracht Francfort. Arrivé au club en juillet 2021, il remporte la Ligue Europa pour sa première saison aux manettes du club qui finira onzième en championnat. Au bilan de sa seconde saison aux commandes du Werkself, une finale perdue de Pokal et une septième place en championnat qui offrira une qualification ric-rac pour la prochaine Ligue Europa Conference. Malgré ce bilan honnête qui satisferait plus d’un club (une C2 quand même et remportée en finale face au mythique Barça), il se saborde seul, comme un grand, lors d’une conférence de presse devenue apocalyptique un après-midi de défaite à Hoffenheim. Une sortie médiatique incontrôlée qui marquera la fin d’une aventure commune dont le terme anticipé (le contrat initial courrait jusqu’en juin 2024) est acté quelques semaines plus tard entre les parties. Entre fatigue et aspiration à entraîner des clubs prestigieux (il avait déclaré au printemps être prêt à coacher des clubs comme le Real ou Tottenham au moment où son nom bruissait en coulisses), un dérapage incongru en tout état de cause.


Avant de rédiger semaine après semaine des billets sur la Buli, je n’avais pas mesuré à quel point la culture des décideurs des clubs de football allemands était si brutale à l’égard de la corporation des entraîneurs.


Choix de la facilité de dirigeants qui utilisent un fusible bien pratique pour cacher leurs propres insuffisances au choix salutaire d’un club qui veut se donner toutes les chances de sauver sa saison, les situations sont multiples mais avec un même constat : coach en Bundesliga est un métier à risque dont l’espérance de vie professionnelle est plus que limitée.


Les parcours à la Christian Streich (au club depuis 1995, entraîneur principal depuis décembre 2011) relevant tout autant de l’anomalie que de l’exploit tant du technicien que de ses dirigeants. Un constat qui amènera à se pencher à l’occasion sur le profil des individus occupant les fonctions stratégiques d’un club (directeur sportif, administrateur, directeur football, CEO, Président, voir actionnaire malgré le 50+1 local….). Parce que la vérité d’un club ne se limite pas qu’au seul terrain de football.



Ole Werner (Werder Brême), première saison en Bundesliga, toujours en poste


2/ Le Hertha Berlin se crashe


En juin 2019, Lars Windhorst, un homme d’affaire allemand multimillionnaire, pose 224 millions d’euros sur la table berlinoise : si la règle du 50+1 empêche logiquement la prise de contrôle effective de l’association, il ne prend pas pour autant le contrôle immédiat de la société commerciale qui gère le Hertha Berlin. Début des incongruités puisqu’avec cette somme, Windhorst n’obtient que deux des neuf sièges du conseil de surveillance de la holding du club, tout comme son prédécesseur la société américaine de capital-risque KKR, qui avait investi 63 millions d'euros en 2014.


En augmentant son investissement jusqu’à un total de 374 millions d’euros, la volonté de l’homme d’argent est de voir le club berlinois renouer avec le haut de tableau fréquenté pour les dernières fois en 2015-2016 (septième au classement) et en 2016-2017 (sixième). Ce projet appelé « Big City Club » avait pour ambition de faire du Hertha un club luttant tous les ans pour le titre de champion d’Allemagne. Malgré des transferts dispendieux pour renforcer un effectif qui restera mal taillé, les trois saisons suivantes sont médiocres : dixième place en 2019-2020, quatorzième rang en 2020-2021 puis seizième se sauvant lors d’un barrage remporté dans la douleur (2021-2022). Pour finalement, connaître une relégation sportive logique à l’issue d’une saison 2022-2023 calamiteuse qui ne la suite logique de la lente déliquescence sportive, économique et identitaire d’un club à la dérive.


Pour essayer de comprendre les forces qui ont œuvré à ce marasme, il est impossible de ne pas évoquer la gestion calamiteuse de Michael Preetz qui, s’il a été un bon buteur pour le Hertha en tant que joueur, a été un piètre manager général en tant que dirigeant. Avec le départ anticipé de Dieter Hoeneß, il est propulsé directeur en juin 2009 et comme un symbole, il finira relégué pour sa première saison. En responsabilité et aux affaires berlinoises entre 2009 et 2021, son incompétence notoire va dilapider plus de 200 millions d’euros en transfert et consommer la bagatelle de 14 managers : Favre, Heine, Funkel, Babbel, Widmayer, Skibbe, Tretschok, Rehhagel, Luhukay, Dardai, Covic, Klinsmann, Nouri et Labaddia.


Durant ce trop long mandat, le club qui pourtant a tous les atouts pour être le digne représentant d’une des plus grandes villes d’Europe va alors commencer à émarger à la rubrique faits divers. Pour le pire. Des exemples ? Jens Lehmann et ses sorties racistes, Jürgen Klinsmann et sa démission du club via facebook, Zsolt Petry et ses opinions sur le mariage homosexuel ou sur les flux migratoires. Le ver est dans le fruit.


L’arrivée de Fredi Bobic au poste de directeur général va laisser entrevoir du mieux avec une restructuration du secteur sportif, du scouting et de l’académie du club avec une ligne de conduite presque cohérente. Auréolé de ses succès à l’Eintracht Francfort (une balance des transferts ultra-positive et une Pokal remportée), il veut appliquer les même méthodes, s’entoure et redistribue les responsabilités aux personnes compétentes.


Cette pseudo stabilité vole en éclat : la désaffection des tribunes, des résultats sportifs en berne et une guérilla incessante en coulisse auront raison de ce semblant d’accalmie et de ligne directrice. Car entre une stratégie sportive inepte et la crise du Covid qui a frappé durement un club qui s’est lancé quelques mois plus tôt dans des dépenses somptuaires, les pertes financières sont estimées à quelques 180M€ sur les années 2019-2022.


Car la Vieille Dame est cabossée sportivement par de mauvais choix et des hésitations permanentes entre des ambitions démesurées et une réalité sportive beaucoup plus terre à terre. Personne ne fait entendre raison à des dirigeants que vouloir faire pratiquer un football technique et offensif par un effectif limité et taillé pour la lutte pour le maintien ne conduit nulle part. L’argent est facile, coule à flots et on préfère fermer les yeux. Et alors que le club tutoie le fond, il va alors plonger dans une situation d’instabilité inédite tant économique qu’institutionnelle avec une vraie crise de gouvernance.


En effet, « la période Windhorst » a été marquée par un conflit permanent entre l’investisseur principal Lars Windhorst et Werner Gegenbauer le président de l’association Hertha, un notable de 73 ans (industriel, riche famille berlinoise, ancien sponsor principal du VfB Stuttgart, président de la chambre de commerce) et qui considère les 374 millions d'euros dans le club comme un "prêt" plutôt qu'une participation de contrôle. Le conseil d’administration devenant le terrain privilégié de ces affrontements qui aboutissent à une crise institutionnelle avec la démission anticipée du président. Et là, surprise puisque lors des nouvelles élections pour la présidence de l’association, et face aux candidats institutionnels, c’est Kay Bernstein (42 ans), ancien capo, cofondateur du groupe d'ultras Harlekins Berlin 98 (HB98) et trois fois interdit de stade, qui remporte les suffrages et arrive légalement à la présidence en juin 2022 (devant un politicien de la CDU avec 54 % des 3040 votants de l’assemblée générale extraordinaire). Opposé à la financiarisation du football, aux violences policières et tenant d’une ligne plutôt traditionaliste du football allemand, sa ligne politique renforce le débat identitaire qui traverse son club et plus généralement le football allemand.


Au delà de l’onde de choc dans un football allemand plutôt aseptisé, qui a immédiatement mesuré la brèche ainsi ouverte par les adhérents du Hertha, la possibilité est aujourd’hui bien réelle de voir la gouvernance des grands clubs professionnels changer. Entre nouveau monde et ancien monde. A Berlin, la prochaine élection se déroulera en 2024 et permettra de compter les forces en présence depuis cette prise de pouvoir inédite.


Et pendant ce temps là, comme à son habitude, le Hertha a vacillé, est descendue en 2.Bundesliga mais ne craque pas. Et pourtant cette nouvelle saison a été un festival en tout genre. Parmi la liste non exhaustive des épisodes d’une longue et pénible chute devenue inexorable, Netflix pourrait produire de savoureux épisodes tant il y a là de la matière romanesque.


Octobre 2022

Lars Windhorst est embourbé dans un scandale d'espionnage contre l'ancien président du Hertha Werner Gegenbauer où il aurait chargé une entreprise de sécurité israélienne d'espionner Gegenbauer afin de l'évincer de son poste. Pour se désengager, Lars & Tennor Group proposent au club de racheter les parts majoritaires de 64,7 % au prix d'achat de l'époque. Une façon rapide de plier bagage à la mode haute finance.


Février 2023

Licenciement polémique du directeur Fredi Bobic sans respecter les dispositions juridiques applicables. Une décision soudaine prise par le Président Bernstein qui l'explique comme étant la manifestation d’un changement de cap stratégique au sein du club. « On revient à l’ADN du Hertha ». Ce sera donc sans Fredi qui a pourtant porté en tant que joueur le maillot deux saisons (2003-2005). ADN à géométrie variable. Ces derniers mois, Bernstein fera revenir au club de nombreux ex-Herthaner comme Benjamin Weber (directeur sportif) et Zecke Neuendorf (directeur de l'académie/des joueurs sous licence).


Mai 2023

Démission de Ingmar Pering , l'homme de 57 ans, travaillait depuis 23 ans au Hertha. En 2007, il est entré à la présidence du club de Bundesliga. Mais l’ambiance est lourde depuis un certain temps entre Pering et le président Bernstein. Faut dire que Pering s'était présenté aux élections de 2022 en tant que candidat opposé à Bernstein, avant de se raviser et de retirer sa candidature.


Mai 2023

Rachat du club en cours de saison par le fonds américain 777 qui parlent d’investir 100 millions d'euros dans le club de la capitale. En deux tranches, une première tranche aurait été déjà été effectuée en mars alors que la seconde tranche devrait intervenir cet été.

Le nouveau propriétaire du club est le fonds d’investissement américain 777 Partners. L’un de ses patrons est Josh Wander, qui n’a rien à envier à Tapie et Bez pour ce qui est de l’image et de la réputation. En attendant, le 777 Football Group comprend 7 clubs et pas un seul des sept ne gagne de l’argent : Genoa, le Standard, le Red Star Paris, Vasco de Gama, FC Séville, Melbourne Victory FC et donc le Hertha Berlin. Si le sujet vous intéresse, et à moins que vous ayez l’occasion de musarder du côté de Miami (les prises de participation remontent vers une domiciliation localisée dans cette ville de Floride), vous pouvez creuser en lisant l’excellente enquête de la publication Josimar. Enrichissant comme on dit…


Une brute, un truand et un mix des deux
Presque le casting pour un film de Sergio Leone


Et toujours en mai 2023

En Allemagne, chaque club professionnel pour évoluer au plus haut niveau du football professionnel de clubs (B1 & B2) a besoin d’être titulaire d’une licence. Cette année, lors de l’instruction de son dossier, le Hertha a rencontré les pires difficultés à obtenir le précieux sésame, son dossier ayant été qualifié de pire dossier jamais présenté.


Alors que Lucas Tousart, né à Arras, transféré au Hertha Berlin en 2020 pour 25 millions d’euros et meilleur joueur du Hertha de la dernière saison, soit transféré cet été au FC Union Berlin pour 2,8 millions d’euros ne doit plus vous surprendre si vous avez eu la patience de lire cet article jusqu’au bout.


Et pour la prochaine saison de la série, on tient quelque chose avec la venue de la lucrative Ligue des Champions à Berlin. A l’Olympiastadion, dans l’antre même du Hertha. Et bien, ce sera pour y voir jouer le FC Union Berlin dont le stade n’est pas aux normes. En attendant de regarder des Berlinois éventuellement affronter le Real Madrid, les deux Manchester ou Paris, le Hertha se déplacera à Magdebourg, Kiel ou Rostock dans des joutes de 2.Bundesliga.


Le football est cruel et magnifique.


3/ La gestion du cas Nagelsmann par les dirigeants du FC Bayern


Au delà du choix concevable de changer d’entraîneur, ce qui a surtout dérangé avec cette décision est son caractère aussi brutal que maladroit.


Arrivé au cours de l’été 2021, Julian Nagelsmann a vécu une première saison sur le banc du Bayern peu satisfaisante par rapport aux attentes de ses dirigeants et des efforts financiers engagés pour le recruter au RB Leipzig (20 M€ hors bonus, soit le plus gros transfert de l’histoire pour un entraîneur + salaire annuel de 8 à 9 M€), avec notamment en point d’orgue la pitoyable élimination en quart de finale de Ligue des Champions face au Villareal de Unai Emery.


Pour son deuxième exercice sur le banc bavarois, le bilan de la première partie de saison à la trêve Coupe du Monde est bon d’un point de vue comptable (10v, 4n, 1d) avec une première place occupée et quatre points d’avance sur le second Fribourg. La remise en route post Mondial sera beaucoup plus délicate pour le moteur bavarois chahuté dans des proportions inhabituelles après la vingt-cinquième journée et une nouvelle défaite à Leverkusen : au soir du 19 mars, c’est bien un bilan comptable dégradé (15v, 7n, 3d) que vient mettre en perspective la seconde place dorénavant occupée au classement à un point derrière Dortmund nouveau leader.


Alors que ce jeune coach aux idées affirmées devait piloter le projet sportif bavarois dans la durée d’un contrat initial conclu pour cinq ans, les dirigeants du club ont fait le choix de changer d’entraîneur. Si les raisons sont certainement nombreuses, bonnes ou mauvaises, le sens du timing de cette décision que personne n’a vu arriver interroge. Surtout que se profilent quelques jours plus tard le prochain match qui est le Klassiker et la réception d’un Borussia Dortmund, nouveau leader. Enfin, sur la forme, cela laisse autant à désirer puisque la presse a été informée avant même le principal intéressé qu’il était viré ! Bref, comme le sentiment inhabituel que le grand n’importe quoi pilote la vénérable cylindrée bavaroise.


Lorsque Nagelsmann est débarqué fin mars, il est toujours en course pour un triplé puisqu’il est à un point de la tête de la Bundesliga, qualifié en huitième de finale de la Ligue des Champions (et invaincu sur cette campagne) et encore en piste en Pokal (quart de finale).


La double élimination, piteuse à domicile en Pokal et sans appel en Ligue des Champions puis la suite du championnat démontreront que le coach n’était pas la raison principale aux difficultés rencontrées.


Retour de karma, tout aussi brutal : quelques minutes après le coup de sifflet final de la saison, Oliver Kahn et Hasan Salihamidžić sont officiellement virés du FC Bayern, tout juste titré.


La saga pouvait continuer.


Happy management au Bayern


4/ Farke, un petit tour et puis s’en va


Auréolé d’une flatteuse réputation après ses passages sur les bancs de Premier League et de Championship (Southampton, Norwich), Daniel Farke était particulièrement attendu pour sa première expérience en tant que coach principal sur les bancs d’une équipe de son pays natal.


Ne tournons pas autour du pot : avec le matériel qui était à sa disposition, il a déçu. Et pas qu’un peu.


Même en étant indulgent avec les Poulains que j’ai souvent essayé de défendre tout au long de la saison même quand la situation était délicate (me concentrant plus sur le quart de verre plein et non sur le trois quart vide), il a réussi à proposer ce qu’il y a de pire lorsque l’on va au stade ou que l’on regarde un match sur un écran : l’ennui !


Voir Gladbach cette saison, c’était la quasi-assurance d’une indifférence regrettable au jeu proposé, tellement celui-ci était lénifiant. Rien offensivement alors que tu as Thuram ou Hofmann dans ta ligne offensive, alors que tu as Lars Stindl se morfondant sur le banc. Une dinguerie, à se demander si Farke connaissait finalement les joueurs à sa disposition. Des compositions d’équipe trop prévisibles, comme engoncées dans une vision restrictive de l’effectif à disposition où seules les blessures et les suspensions viennent bouleverser un ordre établi.


Ce qui nous a donné une saison pénible à suivre, sans régularité dans les performances, incohérente dans le jeu avec des absences monumentales lors de certaines rencontres.


Pour ne rien gâter, les échos parvenant de séances d’entraînement animées (pugilat Omlin-Thuram par exemple) finissaient de convaincre que le Dany n’avait pas l’étoffe d’un manager d’équipe professionnelle.


Début juin, la collaboration entre Gladbach et Farke prend fin.


Je suis curieux de voir où cet entraîneur rebondira et quel club prendra le pari de lui confier un nouvel attelage (son nom est évoqué à Leeds - depuis la rédaction de l'article, il est le nouveau coach de Leeds). Parce que chez les Poulains qui pensaient avoir coché la bonne case pour guider leur avenir, c’est un échec patent à l’heure où tout est (re)construire.



Farke, la grande illusion


5/ Bakker, habillé pour l’Hiver


Ce joueur m’insupporte. Peut-être à tort mais c’est comme ça.


Si je lui reconnais des qualités techniques individuelles évidentes, je goûte peu (en fait pas du tout) de voir ce gazier sur une pelouse. Il est ce que je n’aime pas dans le football.


Toujours à invectiver ses partenaires lorsque ceux-ci ont fait le choix de ne pas lui transmettre le ballon. Des manières de sportif individualiste pratiquant un sport collectif. Alors qu’il occupe un poste (latéral gauche, piston en jargon branchouille du moment) où le don de soi est l’essence même de la fonction.


A provoquer physiquement et verbalement ses adversaires, comment ne pas oublier son comportement où, après une fin de match de fou lors d’un match de poule en Ligue des Champions au Wanda Metropolitano, il vient éructer à quelques centimètres du visage de Yannick Carrasco, venant de manquer le pénalty (à moins que ce ne soit le gardien Hradecky qui aitarrêté le tir) et qui reste de marbre sur le coup. Dommage que ce jour là, ce ne fût pas Di Méco, Mozer, Casoni, Rool ou Jurietti en face.


D’ailleurs, un jour, il tombera sur moins fin que lui (c’est dire la rencontre du troisième type), et là, ça pourrait faire du petit bois. Parce que le gaillard est taillé (1,85 m, 85 kg, enfin sauf chez Eurosport où il taille 1,78 m mais là c’est eux qui déconnent). Peut-être pour ça qu’il joue à l’arrogant, au malin. Jusqu’à tomber dans le ravin. Et ça viendra, c’est statistique.


Et le pire, c’est que le mec n’est pas irréprochable en défense. Souvent pris dans son dos, il est adepte du marquage élastique. Un enfer pour son axial gauche qui doit en permanence couvrir les espaces béants que cet habile pratiquant du jeu de couloir offensif laisse derrière lui. Et que ne manquent pas de cibler les adversaires.


S’il facture tout de même 3 buts et 2 passes décisives sur les 28 rencontres de Buli disputées que la majorité des suiveurs de Buli comme convaincantes, je préfère encore le coéquipier aux pieds carrés mais irréprochable dans ses attitudes ou le joueur maladroit façon Timo Werner qui lui a au moins l’air sympa .


Car mon Hollandais, intronisé chef d’escadrille depuis que le grand Michel Audiard a dialogué « Le Pacha » de Georges Lautner (1968) et puisq’il paraît que « les _ _ _ _ volent », est doué (au moins du pied gauche), formé à l’Ajax Amsterdam donc normalement avec un QI football supérieur à la moyenne, et le voir se comporter de la sorte est tout bonnement pitoyable.


Pour ne rien gâcher, son comportement en dehors du rectangle vert est aussi répréhensible car il a été sanctionné par son employeur pour être arrivé en retard à l’entraînement. Officieusement pour une sieste trop longue… ?! En tout cas, il était absent de la feuille de match suivante.


Xabi Alonso m’a fait plaisir en lui indiquant plusieurs fois le banc. Et les dirigeants du Bayer ne doivent pas en penser moins puisqu’ils ont cassé leur tire-lire pour signer l’excellent latéral gauche de Benfica, Grimaldo. Arrivé libre mais empochant au passage une prime de 12 M€, je vois mal l’Espagnol cirer le banc la saison prochaine.


Ne supportant pas d’être remplaçant eu égard à une haute estime de sa bête personne, Bakker l’irascible devait donc plier bagage. Pour mon plus grand plaisir. Et en espérant que ce soit si possible loin (Anji Makhatchkala par exemple), ailleurs qu’en Bundesliga et dans l’idéal dans un club que je n’aime pas. Et depuis la rédaction de ce billet, bingo puisque c’est l’Atalanta Bergame qui a tiré le gros lot : dommage car j’aime bien les ambitions de jeu prônées par Gasperini. Et un jour, vous penserez à moi lorsqu’il ne manquera pas d’alimenter les prochains choux bien gras de Serie A.





Ces propos n’engageant bien entendu que l’auteur et non pas la publication.


6/ Modeste : un peu trop, non ?

Venu de Cologne à la toute fin du mercato estival pour pallier l’absence de Sebastian Haller frappé par un cancer des testicules, Anthony Modeste a été recruté pour son profil de buteur, expérimenté, déjà rompu aux joutes de la Bundesliga et qui devait donc s’adapter aisément au jeu offensif du Borussia.


Doté d’un bon jeu de tête, cet avant-centre pas toujours très adroit avec les pieds avait toutefois suffisamment de référence en tant que finisseur pour penser qu’il devait normalement se régaler dans une attaque à trois éléments composé aussi de deux ailiers. Avec une définition des rôles si bien répartie, à laquelle Dortmund proposait une liste bien fournie en fournisseurs de galettes (Guerreiro, Brandt, Bellingham, Reus pour ne citer que les principaux crêpiers), on était en droit d’attendre régulièrement des buts de l’ami Modeste.


Au lieu de ça, on devra se contenter du minimum d’un joueur qui aura déçu. Et probablement y compris lui-même. En Bundesliga, sous le tricot noir et jaune des Schwarzgelben, ce sont 19 matchs disputés, 2 buts et une passe. Pas terrible pour un goléador patenté qui sortait pourtant d’une saison de Buli à 20 buts sous le tricot de l’Effzeh.


D’ailleurs, malgré les 5,1 M d’euros de son transfert, son départ de Cologne avait déjà manqué d’élégance vis à vis d’un club qui lui avait pourtant tendu la main après son triste épisode stéphanois (7 matchs, 0 but) et qui s’est retrouvé sans buteur pour jouer sur les deux tableaux du championnat et de la Ligue Europa Conférence. Mais le natif de Cannes a fait le choix de parcourir les cent kilomètres distants pour enfin découvrir la Ligue des Champions, son objectif personnel ultime. Résultat ? Sept matchs disputés dont quatre titularisations pour zéro but marqué. Bilan cinglant pour un buteur. Tout ça pour ça est-on tenté de dire.


Entré à dix minutes de la fin du dernier match de la saison contre Mayence, il avait l’occasion d’écrire l’histoire, d’endosser le costume du buteur providentiel et de devenir une légende du Westfalenstadion. Là encore, raté.

Seul coup d’éclat de cette saison ratée, son coup de casque qui aura fait chavirer tout un stade, avec cette égalisation dans le temps additionnel lors du match aller lors de la réception du Bayern et la passe décisive qu’il offre sur le premier but inscrit par Moukoko (2-2). Ce qui finalement n’est pas rien mais trop peu pour un joueur qui en avait certainement plus à offrir.


Rendez-vous définitivement manqué puisque le Français quitte le club cet été. A 35 ans.



Trop modeste, Anthony sur ce coup-là !


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