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  • Photo du rédacteurRwano Breizh

Bilan d'une Saison Buli 5/5 - Le Onze



Le onze de la saison

Forcément subjectif, j’ai choisi une formation technique parce que j’aime le ballon et attrayante parce que le football est aussi un spectacle. Avec une seule contrainte : aligner les joueurs qui individuellement avaient été, selon moi, les meilleurs sur cette saison. Sinon, par exemple, Wirtz que je considère comme le joueur le plus talentueux de Bundesliga aurait été sélectionné.


Dans les cages, je choisis Ronnow qui n’était pas attendu à pareille fête. Devant Kobel et Flekken. Certainement un choix discutable mais voulant aussi marquer mon attachement partisan à l’Union Berlin, il me semble être parfaitement légitime au vue de sa saison.

En défense, Frimpong à droite et Guerreiro à droite sans trop d’hésitation ni discussion d’ailleurs.


Et vu l’embouteillage sur les milieux à vocation offensive, j’ai dû me résoudre à ne retenir qu’un seul défenseur axial c’est à dire Pavard en représentant de la co-meilleure défense du championnat. Ginter n’étant vraiment pas loin dans mon esprit.

Au milieu, un binôme Skhiri-Bellingham pour travailler, courir et se charger du travail obscur. Kimmich en back-up parce que pour moi, le Tunisien est incontournable cette saison sur un double pivot. Pas le plus clinquant mais son volume de courses et son abnégation autorisent une formation déséquilibrée notamment dans la couverture du côté ouvert (ma formation joue sans milieu de terrain de côté, aussi il devra couvrir les espaces importants derrière l’ailier le moins travailleur des deux). Et Bellingham est ici plus bas qu’il ne l’est d’habitude avec Dortmund, sa technique devant faire des ravages dans les sorties de balle, dans l’orientation du jeu et dans la distribution (alternance jeu court, jeu long).


Et c’est maintenant que cela se corse. Malgré un coup de moins bien assez marqué au retour de la Coupe du Monde, Musiala est un incontournable que je veux voir dans l’équipe.


Et comme devant, je veux associer Kolo Muani et Füllkrug, qui sur la saison écoulée ne se discutent que très peu, avec un Nkunku une nouvelle fois excellent et un peu plus caméléon quant à la position occupée (ce qui offre des options pour une formation asymétrique).


Je me retrouve avec certes beaucoup de joueurs offensifs mais qui sont tous, à part Füllkrug vraiment estampillé avant-centre, plutôt polyvalents. Musiala peut jouer sur un côté et certainement plus bas si besoin. Kolo Muani est capable de délaisser l’axe et d’occuper un côté. Nkunku a parfois joué milieu avec son club formateur et aime dézonner.


Enfin, très proches dans mon esprit, Hofmann et Grifo étaient en balance pour la dernière place, et ce sont finalement les résultats collectifs de Fribourg autrement plus convaincants qui ont fait pencher la balance du côté de l’Italien. Même si pour des raisons d’équilibre, Hofmann et sa capacité à couvrir tout le flanc droit auraient été très (plus ??) pertinents.


Brandt, Szoboszlai et à un degré moindre Gnabry m’ont questionné mais il n’y a que 11 places.


Restait donc à faire jouer ensemble cette sélection de talents. Aussi, adepte en temps normal du 3-4-3, j’ai longtemps hésité avec une organisation en 3-2-4-1 pour finir dans une autre direction avec une équipe disposée en un 3-2-3-2 résolument offensif.

Peut-être déséquilibrée si elle doit récupérer la gonfle (et encore- s’il y a gegen pressing et on y a intérêt vu qu’on doit jouer haut), elle sera à minima en probable difficulté sur les coups de pied arrêtés défensifs. Le ballon en sa possession, elle sera par contre extrêmement redoutable tant sur jeu de transition que sur du jeu de position.



Mon onze - Saison Bundesliga 2022-2023


Petite revue d’effectif.


Frederik Rønnow (Union Berlin), gardien du coffre-fort


Dernier rempart de la co-meilleure défense du championnat, le Danois a livré une saison de très haute qualité lors des 29 matchs de Bundesliga disputés dont 11 clean sheets. Fiable et rarement pris en défaut, il a sorti les arrêts qu’il fallait pour que son équipe soit la surprise de la saison. Et c’est lorsqu’il est absent, comme contre Leverkusen (défaite 5-0), que l’on mesure à quel point sa présence a rassuré ses partenaires tout au long de la saison et a apporté une réelle plus-value à l’équipe.

D’autant plus remarquable que celui qui jusqu’à présent avait effectué l’essentiel de sa carrière allemande dans un rôle de doublure gardait pour la première fois les cages d’une équipe du haut de tableau en tant que titulaire. Solide avec son 1,88 m et ses 76 kg, il est plutôt fort sur sa ligne sans être très spectaculaire.

Pas forcément le plus fort, ni le plus beau des gardiens à voir évoluer mais cette saison, celui qui fêtera ses trente et un an cet été était bien le plus efficace. Assurément.





Jeremie Frimpong (Bayer Leverkusen), dragster vraiment speed

Frimpong est la mobylette qui arpente le côté droit du Bayer Leverkusen avec une activité remarquable et sur un rythme très élevé. Marche avant, marche arrière, il sait tout faire du moment qu’il y a du mouvement.

Petit format, extrêmement vif, avec un gros volume de courses (premier sprinteur du championnat avec 1144 sprints), et une capacité à répéter les efforts à haute intensité (13ème du championnat), ce défenseur hollandais est également très habile dans la conduite de balle, dans la capacité à progresser balle au pied, dans les changements de direction à haute vitesse et dans le un contre un. Avec les animations mises en place par Xabi Alonso, il a trouvé un terrain propice pour exprimer ses nombreuses qualités : en effet, avec un système défensif reposant dorénavant sur 3 défenseurs centraux, il s’est vu accorder une liberté offensive importante tout en bénéficiant d’une couverture supplémentaire via l’axial droit chargé de veiller sur les espaces créés. Autre point important pouvant expliquer ce rendement offensif impressionnant pour un latéral, la qualité du flanc droit d’un Bayer devenu totalement asymétrique par le rythme imprimé sur ce côté de son animation : son entente démoniaque avec l’attaquant Moussa Diaby, lui aussi très rapide, a rendu la vie difficile à plus d’une défense qui la saison passée ne savait plus notamment s’il fallait défendre intérieur ou extérieur tellement les deux permutent vite et bien. Ainsi, en 34matchs de championnat, il a marqué 8 buts et délivré 7 passes décisives. Ce que les statistiques ne montrent pas, c’est la fatigue des adversaires directs ayant dû se coltiner ce Hollandais Volant pendant 90 minutes.

Dragster dragué par des clubs puissants (on évoque ici Man U, Real Madrid – mais deux clubs qui jouent à quatre derrière), ce jeune joueur de 22 ans est appelé à terme à jouer dans un club plus huppé. Surtout s’il met sa qualité défensive au niveau de son expression offensive, il a tout pour devenir un des latéraux les plus excitants des prochaines années. En espérant qu’il reste au minimum encore une saison supplémentaire en Bundesliga nous régaler de son indéniable talent.





Benjamin Pavard (Bayern Munich), chafouin fiable


Décrié l’été dernier et placé sur la liste des transferts (il devait signer à l’Inter même si le Barcelone et sa planche à billet le désirait ardemment), il a démarré la saison en chouinant sur son poste (il veut jouer dans l’axe), sur sa vie allemande, bref sur tout…

Impression d’un passage délicat confirmée au Qatar où le sélectionneur Deschamps l’a sorti de son onze, lui préférant même à l’occasion Disasi en latéral droit !

Et puis, le Benji s’est remis la tête et les jambes à l’endroit. En silence et au travail.

A tel point qu’il est devenu cette saison le défenseur le plus fiable et le plus régulier du FC Bayern (30 matchs, 4 buts, une passe). Et, devant autant de prestations abouties en club, Deschamps lui a redonné à Dublin une place de titulaire en latéral droit de l’Equipe de France : il marque d’une superbe frappe le seul but du match.

Buteur souvent spectaculaire, il a pu jouer cette saison dans l’axe (lors de suspensions de ses collègues arrières-centraux) et sur le côté de la défense des Roten. Sa polyvalence est vraiment intéressante, surtout pour ses entraîneurs Un détail qui n’a pas échappé à l’ami Guadiola.

Ses déboires judiciaires derrière lui, il a vu la girouette Salihadmidzic venir lui faire la cour pour une extension de son contrat. Sans succès. Libre en 2024, le FC Bayern pourrait devoir se résoudre à son transfert s’il ne prolonge pas cet été (ce qui semble la tendance). Ce serait alors une grosse perte pour les Bavarois.






Raphaël Guerreiro (Borussia Dortmund), gentleman passeur


Sept ans à Dortmund, ça en dit déjà long sur le niveau de jeu de l’arrière gauche portugais. Plutôt remis en cause en début de saison pour des insuffisances défensives (je préfère parler d’absences, ce qui est particulièrement regrettable quand tu joues derrière) et ouvertement placé sur la liste des joueurs transférables, ce divorce qui ne disait pas son nom a semblé le libérer en cours de saison. Car depuis, il a enchaîné les performances de haut niveau qui en font cette saison le meilleur arrière gauche de Bundesliga.

Il est tellement bon avec le ballon que Terzic a tenté avec réussite l’expérience de le placer au milieu de terrain, dans le cœur du jeu. Expérience concluante puisque cela a (re)donné un coup de fouet au jeu collectif des Schwarzgelben.

Fluidité du jeu, technique, vista offensive, altruiste, c’est un remarquable technicien au pied gauche soyeux. Coups francs, centres, passes décisives, il régale l’artiste formé à Caen et passé par Lorient. Et s’il n’est pas vraiment l’archétype du défenseur dur sur l’homme, adepte de l’intimidation physique à l’extrême limite de la régularité et du tacle sur le genou, il n’en reste pas moins redoutable notamment au niveau des interceptions où son sens de l’anticipation conjuguée, sa science du placement et sa lecture du jeu trouvent à s’exprimer. Il défend le plus souvent debout et en avançant. Bref, un gentleman du poste qui a facturé en 27 matchs disputés, 4 buts et 12 passes (meilleur passeur du championnat).

Arrivé en fin de contrat cet été, il a signé un contrat de 3 ans au Bayern Munich. Le Borussia perd certainement plus que ce qu’il imagine.





Ellyes Skhiri (Cologne), le don de soi d’un travailleur de l’ombre


A 28 ans, s’il était assurément le meilleur joueur de son club, Ellyes Skhiri est surtout à mon sens le meilleur milieu de terrain de la saison. En tout cas, il est celui que je voudrai avoir dans mon équipe.

Plus que ses statistiques même s’il sait être décisif (32 matchs, 7 buts, une passe, joueur du championnat parcourant le plus de kilomètres à la saison et par match), c’est son volume de jeu, son abattage, son goût du travail obscur, ses courses de replacement qui sont exceptionnels. Jamais avare d’envie (quelle capacité à répéter les efforts), c’est un milieu de terrain polyvalent (défensif ou relayeur), très travailleur, généreux, bon récupérateur, gratteur de ballon, costaud dans les contacts, accrocheur, discipliné et qui a une vraie dimension box to box.

Discret et dotée d’une bonne mentalité depuis ses premières licences signées du côté du Gallia Club de Lunel où la famille taquine le ballon, il est une valeur sûre de Bundesliga où il a sorti une très grosse seconde partie de saison avec des matchs très solides. Parti libre de Cologne où il jouait depuis 2019, il a signé cet été à Francfort jusqu’en 2027. Alors que je l’imaginais dans un club plus prestigieux, l’Eintracht réalise ainsi une des belles opérations de ce mercato car cet international tunisien est assurément le genre d’élément que l’on aime avoir avec soi, que l’on soit entraîneur ou coéquipier. S’il maintient la régularité de ses performances de haut niveau sous ses nouvelles couleurs, les projecteurs mettront alors en lumière ce joueur rare car capable de bonifier les artistes évoluant à ses côtés.





Jude Bellingham (Borussia Dortmund), joyau de la Couronne


Écartons d’emblée tout quiproquo, ce joueur très polyvalent aux talents précoces est tout simplement un des meilleurs milieux de terrain au Monde. L’international anglais vient de fêter au mois de juin ses 20 ans et a éclaboussé la Bundesliga de toutes ses qualités pendant les trois saisons passées sous le maillot du Borussia Dortmund. Et malheureusement pour la Buli, il est parti cet été au Real Madrid dans le cadre d’un transfert conséquent (103 millions d'euros plus 30,9 millions d'euros de bonus éventuels) pour un engagement de six années, soit jusqu'en juin 2029.

Cette année, il a disputé 31 matchs pour 8 buts et 4 passes. Des chiffres qui disent mal son influence sur le jeu des Schwarzgelben. Leader technique de cette équipe, il était aussi un des leader du vestiaire puisqu’en tant que troisième capitaine après Marco Reus et Mats Hummels, il a porté le brassard en match officiel. A 19 ans.

Qualifier le style Bellingham n’est pas chose simple, même si le terme de box to box revient souvent : porté vers l’avant, sa conduite de balle et sa capacité à éliminer l’adversaire le rendent particulièrement dangereux lorsqu’il évolue assez haut sur le terrain, près de la surface adverse. Cette habilité à savoir bien faire progresser le ballon est renforcée par une impression de puissance physique irrésistible lorsqu’il se lance balle au pied dans les espaces. Une dimension physique qui est également mise au service de l’animation défensive de son équipe : à l’aise avec le pressing, bon tacleur, combatif, fort dans les duels, bien placé pour les interceptions, il est mobile et endurant.

C’est donc le joueur complet par excellence (il explose toutes les analyses Data).

Souvent positionné en numéro 10 ou en numéro 8 très avancé que ce soit en sélection ou en club, Bellingham a pris l’habitude de jouer haut sur le terrain. Pourtant, il présente un potentiel évident pour occuper un rôle de milieu défensif. Poste moins flashy, le jeune Anglais devra peut-être y songer pour se faire une place en Espagne. Évoluer pour continuer à performer, comme un résumé de sa nouvelle vie en fait.





Car le diamant déjà si brillant est encore à polir. Parfois sous le maillot du Borussia, Jude Bellingham a fait preuve d’une certaine impatience, d’autres diraient d’agacement ou pire de suffisance, vis à vis de certains coéquipiers ou de certaines situations de jeu (le ballon qu’il demandait ne lui arrivant pas par exemple). Autant de petites choses qu’il va devoir gommer. Au milieu de terrain, la concurrence à Madrid est autrement plus relevée qu’à Dortmund quand tes coéquipiers s’appellent Modric, Kroos, Camavinga, Valverde, Tchouaméni voir Rodrygo et Güler qui sont eux aussi capables d’évoluer comme milieux offensifs.

D’autant plus qu’Ancelotti n’a pas l’habitude de faire de ses recrues madrilènes des titulaires à part entière dès la première année, que le jeune Anglais semble encore fragilisé par son genou (à ce niveau d’investissement financier, j’imagine que la visite médicale a été renforcée pour vérifier le bon état de son articulation) et surtout que le style du jeu madrilène est basé sur un jeu de passe fluide, très collectif et humble. Ce qui n’est pas forcément la qualité première de Jude au profil plus perforateur, lui qui aime porter la balle et tenter des dribbles.

Au delà de l’inévitable débat sur sa meilleure utilisation possible (et Ancelotti qui est un maître expert de l’école tactique italienne saura faire évoluer l’organisation et les systèmes du Real à bon escient), le Bellingham de Madrid sera forcément différent du Bellingham de Dortmund. Comprendre, s’adapter et s’associer seront en résumé les impondérables d’une intégration réussie au jeu madrilène qui en sera ainsi bonifié.

Dans mon onze, il est plus bas que de coutume, plutôt relayeur dans un double pivot avec Skhiri, qui serait davantage dans un rôle de milieu défensif classique. Je les trouve complémentaire. Bellingham pourrait bien soutenir la défense grâce à son physique et sa capacité à garder le ballon. Il sait jouer sous pression et offre une possibilité de projection rapide du jeu. C’est à dire, en simplifiant, que nous aurions un double pivot avec un Skhiri plus horizontal et un Bellingham plus vertical.

Jude Bellingham a été désigné par la Ligue Allemande comme le meilleur joueur de Bundesliga saison 2022-2023.


Randal Kolo-Muani (Eintracht Francfort), surprise du chef


Arrivé gratuitement cet été à l’Eintracht Francfort dans un certain anonymat, Randal Kolo-Muani pourrait en repartir cet été beaucoup plus célèbre et pour une somme folle (70 à 120 M€ sont évoqués).


Entre-temps ? Des buts (beaucoup, 15, et 11 passes décisives en 32 matchs disputés), un pressing permanent, une activité sur tout le front de l’attaque. C’est un attaquant au profil atypique : pas du genre à se limiter à attendre que le ballon finisse dans la surface adverse, il est aussi un dévoreur d’espaces, avec un gros volume de jeu et une participation active au pressing.

Il s’est affirmé en Allemagne comme buteur, ce qui n’était pas forcément gagné lorsqu’il a choisi d’y poser ses valises. Et pour ne rien gâcher un sourire communicatif qui vous le rend sympathique.






Seul point noir de sa saison, ce tir repoussé par la jambe de Martinez en finale de Coupe du Monde mais ça c’était avec le tricot de la sélection nationale qu’il a découvert cette année. Le type de popularité dont il se serait bien passé.

Devenu le meilleur joueur de son club, il ne semble pas vraiment avoir de limite actuellement. Juste envie de voir jusqu’où il peut aller. Parce que le périple Boulogne-Nantes-Leverkusen-Qatar a été express et comme ce garçon est une météorite qui vient seulement de boucler sa troisième saison professionnelle, regardons-le et apprécions son insouciance. Car, comme toute belle chose, elle est rare et précieuse. S’il n’est pas désigné meilleur joueur de la saison de Bundesliga, il en est assurément la révélation.


Christopher Nkunku (RB Leipzig), envol confirmé



Passé par Clairefontaine puis façonné au PSG où Laurent Blanc lui offre ses premières minutes en professionnel (saison 2015-2016) à 18 ans, Nkunku a su faire évoluer son jeu au contact de coachs aussi différents qu’Unai Emery, Thomas Tuchel, Julian Nagelsmann, Jesse Marsch, Domenico Tedesco, Marco Rose.


Techniquement, il est doté d’une bonne prise de balle ce qui le met à l’aise dans les petits périmètres. Parce qu’il excelle dans le dribble et les situations de un contre un, il est redoutable dans le jeu de transition. Excellent passeur, il sait aussi être créatif dans le jeu collectif. Enfin, avec le travail, il a progressé dans les domaines de la finition et de l’efficacité. On retrouve l’expression de cette confiance lorsqu’il exécute les coups de pied arrêtés.


Ce droitier est aujourd’hui devenu un joueur complet, difficile à lire. Si Nkunku joue principalement en tant qu'attaquant gauche, il peut occuper d'autres postes comme ceux de milieu de terrain offensif central, de meneur de jeu, sur un côté ou de deuxième attaquant. Mais sa meilleure position reste ce côté hybride que l’on retrouve dans sa capacité à briller dans les demi-espaces : dans cette position, il peut utiliser sa vitesse pour se placer derrière les défenses alors que sa qualité de passe et une technique supérieure à la moyenne offrent des possibilités pour combiner avec ses coéquipiers.


Au RB Leipzig, cette polyvalence lui a permis de s'imposer au cœur du jeu derrière l'attaquant et de faire valoir son volume de jeu, sa vitesse et sa percussion. Avec la faculté de débloquer les matchs parfois cadenassés.






Ces qualités ont fait de lui le meilleur joueur de la Bundesliga de la saison précédente et l’attaquant dominant depuis les départs de Lewandowski et Haaland.


Cette saison écoulée a été plus contrastée puisqu’il a connu la blessure et son aventure sous le maillot de la sélection nationale laisse pour le moment un goût d’inachevé. Son départ pour Chelsea est surprenant : pas qu’il soit parti après quatre saisons en Allemagne où il a pris un envol footballistique remarquable quand on repense à son dernier tir au but exécuté face à Koubek en finale de Coupe de France mais c’est surtout la destination de son choix qui fait parler. Le challenge est énorme et il pourra s’appuyer comme certitudes sur les 16 buts inscrits, les 4 passes décisives données en 25 matchs disputés. Une performance qui lui permet de finir co-meilleur buteur de Bundesliga. On a connu pire comme saison en demi-teinte.


A 25 ans, il est devenu une valeur sûre de la Bundesliga.


Jamal Musiala, le futur est déjà là


Et comme dans retour le futur, il faudra revenir pour lire son portrait.









Vincenzo Grifo (Fribourg), porte-flingue silencieux


Souvent peu connu sur la scène internationale, à moins de suivre très attentivement la Bundesliga ou la Squadra Azzura, il est un des joueurs les plus sous-cotés du championnat allemand.

Né à Pforzheim de parents d’origine italienne et formé à Hoffenheim, c’est un joueur de 30 ans qui donne l’impression de se bonifier avec le temps. Comme le bon vin. Redoutable tireur de coups de pieds arrêtés, il a encore fait basculer cette saison de nombreuses rencontres avec la qualité de son pied droit au sens service de son excellent sens du but. Plutôt positionné sur l’aile gauche même s’il peut jouer à droitevoir au centre, il a de nouveau réussi une belle année de Bundesliga avec 15 buts et 5 passes décisives en 31 matchs de Buli. La meilleure de sa carrière.

Capable de geste de grande classe à l’image du triplé inscrit en moins de vingt minutes lors de la quinzième journée face à l’Union Berlin ou de la panenka réussie toujours face à l’Union Berlin (décidémment) lors de la trente deuxième journée dans un match très forts enjeux, il mériterait d’évoluer dans un club plus huppé mais lui est très attaché à Fribourg qu’il fréquente depuis la saison 2015-2016, année du titre de 2.Bundesliga, et où il découvrira la Bundesliga dès la suivante. Après quelques intermèdes du côté de Mönchengladbach et d’Hoffenheim, il est revenu en Forêt Noire à l’été 2019 où sa trajectoire personnelle a épousé finalement celle du club. Une ascension discrète et continue pour évoluer finalement au plus haut niveau.

Vice-capitaine de l'équipe, il en est aujourd’hui son leader offensif. Cet international italien (9 sélections, 1 but) n’a jamais évolué en Serie A.




Niclas Füllkrug (Werder Brême), espèce en voie de disparition


Joueur de la saison brêmoise, Füllkrug finit meilleur buteur ex æquo de la Bundesliga avec 16 buts et 5 passes en . Des performances qui lui ont permis de découvrir la sélection nationale allemande où il se montre tout aussi intéressant depuis ses premiers pas internationaux (9 capes, 7 buts). Rare satisfaction au Mondial allemand, son nom alimente depuis la gazette des rumeurs de transferts notamment du côté du Bayern ou plus récemment du côté de la Fiorentina. Une année en forme de consécration pour cette incarnation du working class hero des anonymes footballeurs allemands puisqu’à 30 ans passé, il semble au sommet de son art. Redoutable dans la surface que ce soit des pieds ou de la tête, cet avant-centre puissant a aussi brillé par la qualité de sa frappe de balle. Sa blessure au mollet à partir du mois d’avril ayant autant plombé la fin de parcours de son club que ses légitimes ambitions à remporter le titre de meilleur buteur qui lui tendait les bras après un début de saison canon (10 buts marqués avant la trêve).


Au moment où j’écris, son avenir est incertain. On peut toutefois penser qu’une fois la situation de Kane fixée, le grand jeu de domino du mercato estival se déclenche (Kolo Muani, Vlahovic, voir M’Bappé) et que Füllkrug fasse partie de l’équation en partant exercer ses talents sous un autre tricot.



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